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Retour dans le doux monde du recrutement et de ses méandres. Et aujourd’hui,  j’ai envie de vous parler du profil du ou de la pervers.e narcissique. Collaborateur.rice dévastateur.rice au sein d’une équipe et d’autant plus si c’est un.e manager, quand la souffrance est grande, une seule solution face à un tel profil : la fuite !

Mais qu’est-ce qu’un.e pervers narcissique ?

C’est une personne qui a tendance à vouloir satisfaire ses désirs et ses besoins aux dépens des autres, et donc à utiliser autrui à ses propres fins. Il ou elle présente donc une personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion morale. En d’autres mots, c’est une personne qui recours à la manipulation et à l’emprise avec pour fondement psychique le déni.

À noter :
Narcissisme : admiration de soi-même ou égocentrisme 

Perversion : mode relationnel permettant d’assouvir ses pulsions par des actes opérés aux dépens de l’autre, sans ressentir de culpabilité.
Déni : mécanisme de défense du moi qui consiste à nier une perception traumatisante de la réalité extérieure.

Quels sont les signes annonciateurs ?

Fin stratège, il ou elle vous éblouira en entretien. Excellent.e en communication, c’est un vrai feu d’artifice, bouquet final compris, sur des périodes courtes. Mais si cela semble parfait, attention à ne pas tomber dans son piège !

Par exemple :Sortir d’un entretien plus que ravi : tout vous correspond parfaitement et tout est parfaitement aligné à vos envies. L’illusion se brise une fois arrivé sur place en découvrant l’envers du décor. 

Alors comment savoir si je suis face à un pervers narcissique ?

Phase 1 – le feu d’artifice (bouquet final compris) 

Les débuts, c’est un peu comme un flirt amoureux à l’âge des premières amours. Aimable, agréable, voire même parfois attirant.e, il/elle vous place sur un piédestal ou vous met dans la confidence. Et il/elle connaît beaucoup de monde. Pas de doute donc à avoir sur une personne aussi sociable et appréciée (en apparence).  Ce qui a pour effet de vous faire embrigader sans trop le voir. 

Phase 2 – Robinson Crusoé 

Divide et impera ou si on le traduit “diviser pour mieux régner”. Voici le plan d’action du ou de la pervers.e narcissique pour asseoir sa présence et vous isoler tel Robinson sur son île. Doucement mais sûrement, les critiques envers vos collègues vont fleurir. Oubliez le contexte et la logique, vous vous ferez lentement aspirer par tous ces mots et vu que vous ne jouez pas avec les  mêmes règles vous vous ferez peu à peu avoir. Alors que mensonges et trahisons seront de rigueur pour votre adversaire, vous resterez encore dans le monde des bisounours. L’île au soleil et au calme vous semblera alors à ce moment-là, la meilleure solution.

Phase 3 – une mine sans or !

Clint Eastwood a très justement dit : « Tu vois, le monde se divise en 2 catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. ».  Étrangement si ton/ta manager est pervers.e narcissique, je te garantis que c’est toi qui vas creuser ! Et malgré tes efforts pour trouver de l’or, ton/ta manager causera des éboulements ce qui aura pour conséquence de ralentir ton travail et d’accentuer son mécontentement. Rien de logique dans cela, les règles de jeu fixées par un.e pervers narcissique ne sont définitivement pas les mêmes que les tiennes.

Attendez-vous donc à avoir des réunions s’attardant sur des points non-essentiels comme reprendre pendant 2h un PowerPoint pour faire un organigramme, recréer une architecture de la classification des dossiers, retravailler sur un processus de recrutement avec des échanges interminables, etc. Au final, arrêtez-vous, car tout cela passera à la poubelle.


Sans oublier ces moments qui vous gène, mais où vous ne dites rien :

  1. Vous n’osez rien dire en réunion car c’est votre manager,
  2. Vous pensez avoir la bonne réponse, et vos collègues savent que vous avez raison. Mais non, selon votre manager, vous êtes à côté de la plaque, 
  3. Le/la partenaire ou prestataire est aussi ahuri.e que vous de l’intérêt d’un rendez-vous.

Phase 4 – Indiana Jones et le Temple du Péril avant 2004

Les montagnes russes s’offrent à vous, et par là j’entends que  c’est la tête en bas et à l’envers (oui avant 2004 l’attraction de Disney était à l’envers). Les sautes d’humeur sont de plus en plus visibles, tout comme les prises de décision changeantes ou absentes et les bâtons dans les roues se multiplient. Le tout est principalement traité à l’oral ne laissant aucune trace et immiscent peu à peu le doute dans votre esprit. Je vous arrête tout de suite, non ce n’est pas vous le problème ! C’est clairement lui/elle. Impossible donc d’avancer sereinement, ni de vous sentir efficace ou performant. Tout est sujet à discussion et à débat. L’épuisement arrive peu à peu car vous suivez des règles qu’on vous fixe et pourtant qui ne sont pas respectées. 

Phase 5 – les nuits “Chair de Poule” sans les écritures dégoulinantes vertes

Les échanges et discussions tournent constamment autour de cette personne et ça en est malsain. En journée, vous creusez, le soir vous ruminez et parfois dans la nuit vous minez. Les cauchemars peuvent vous submerger, tout comme la fatigue, l’angoisse et la non-envie d’aller au bureau. 

Comment entrer en résistance ?

Dès que vous le pouvez, entrez en résistance, à votre échelle et surtout en vous ménageant !

Répétez-vous sans cesse que

  • non vous n’êtes pas nul.le ! C’est seulement ce qu’il/elle veut vous faire croire,
  • Non vous n’êtes pas incompétent.e ! Votre métier vous le connaissez bien, voire très bien,
  • Non vous n’êtes pas seul.e ! Et souvenez-vous que c’est en s’alliant et en associant vos forces que vous pourrez vaincre #LunionFaitLaForce. 

Quelles sont les solutions envisageables face à un.e pervers narcissique ?

Si vous le pouvez, fuyez !
Courage, fuyons ! Demandez à changer d’équipe. Même si parfois il y a des accalmies, sachez que les nuages reviendront toujours, tout comme l’orage. Alors c’est votre peau ou la sienne, préservez-vous donc.

Signalez le ou la. 

Inutile de subir en silence, faites savoir ce qui vous arrive avec des faits, des exemples concrets, auprès de vos collègues, des autres managers et à votre N+2.

Protégez-vous.
Souvenez-vous, vous ne jouez pas avec les mêmes règles. Gardez vos historiques, capturez des images de votre écran, créez vous un dossier avec des notes. Au maximum, forcez le/la pervers.e narcissique à écrire. N’hésitez pas à lui dire que vous êtes occupé et à l’inviter à vous faire un email.

Sortir de son jeu, contre-attaquer !
Mettez le/la face à ses contradictions. Osez dire non ! Dites-lui que vous n’avez pas le temps. Mettez un collaborateur ou un manager en copie de vos emails, demandez-leur d’assister à vos réunions et lors de face-à-face, minimisez les interactions ou prétextez une urgence. 

En conclusion :

Le/la pervers.e narcissique au travail n’est clairement pas le/la collaborateur.rice idéal.e : casseur.euse d’ambiance, destruction du morale et des équipes. Les conséquences pour les entreprises sont dramatiques et parfois peuvent atteindre le harcèlement moral des collaborateurs. Ne prenez donc pas à la légère certains signaux d’alertes de vos collègues. Et comme le disait Marc Levy dans Les Enfants de la Liberté : “J’aime bien ce verbe « résister ». Résister, à ce qui nous emprisonne, aux préjugés, aux jugements hâtifs, à l’envie de juger, à tout ce qui est mauvais en nous et ne demande qu’à s’exprimer, à l’envie d’abandonner, au besoin de se faire plaindre, au besoin de parler de soi au détriment de l’autre, aux modes, aux ambitions malsaines, au désarroi ambiant. Résister, et… sourire.”

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